Récit

Construire sans démolir et en polluant moins, c’est possible

BatiTerre récupère des matériaux a priori destinés au conteneur, les reconditionne et les commercialise à prix avantageux. Une aventure environnementale mais aussi sociale, soutenue par le Fonds ING pour une Économie plus circulaire, géré par la Fondation Roi Baudouin.

Le secteur de la construction, dont la bonne santé est le signe d’une vitalité économique, est aussi, hélas, un gros pollueur : il génère pas moins de 33% des déchets non-ménagers produits dans la Région bruxelloise – comme partout en Europe. C’est que le plus souvent, avant de construire un nouvel immeuble, il faut au préalable en démolir un autre, qui a fait son temps (ou pas). Et c’est ainsi que des milliers de tonnes de matériaux de construction – portes, châssis, vitres, sanitaires, briques, carrelages, planchers, faux-plafonds… – connaissent chaque année une fin coûteuse pour l’environnement. La plupart du temps, ils filent vers l’incinérateur. "Un vrai gâchis, quand on sait qu’en théorie tout, ou presque, est récupérable et réutilisable dans un bâtiment", constate Nicolas Smets, directeur de BatiTerre. Les responsables de la coopérative ont donc eu cette idée enthousiasmante : développer, en Région bruxelloise, une activité de récupération des matériaux de construction usagés. Ces matériaux sont ensuite nettoyés, reconditionnés et stockés dans un grand espace situé à Molenbeek, et puis commercialisés à prix avantageux.

Le réemploi a le vent en poupe

Le projet, né en 2019, était un fameux défi : "Il est souvent plus rapide et plus économique, pour un grand promoteur immobilier comme pour un particulier qui rénove sa maison, de se débarrasser du ‘vieux’ en l’arrachant sans égards que de prévoir une phase de démontage soigneux, durant laquelle tout ce qui peut être réutilisable peut être sauvé", admet Nicolas Smets. Il n’empêche : la dynamique circulaire – c’est-à-dire celle qui offre de multiples vies aux matériaux – a désormais le vent en poupe. "Les mentalités changent, les déchets se font de plus en plus nombreux et leur traitement de plus en plus coûteux ; les matières premières se raréfient et leur prix augmente. Bref, le réemploi a désormais un bel avenir."

La circularité doit se concevoir en amont

Mais les obstacles sont encore légion et trop de matériaux déclassés restent inutilisables : "Dans l’idéal, il faudrait que les acteurs de la construction intègrent, dès le début de l’édification d’un bâtiment, la dimension circulaire et évitent par exemple l’usage de certaines colles qui empêcheront, par la suite, le démontage soigneux des matériaux. Il existe plusieurs leviers sur lesquels s’appuyer pour encourager et développer l’approche circulaire dans la construction. Le cadre fiscal, par exemple, est aujourd’hui peu encourageant pour la commercialisation de matériaux de réemploi."

Économie circulaire, mais aussi sociale

Cela en vaut d’autant plus la peine que des personnes peu qualifiées peuvent acquérir, moyennant une formation adaptée, ces nouvelles compétences nécessaires à la dynamique de l’économie circulaire, enrichissant ainsi ce projet d’une dimension sociale. "Nous collaborons notamment avec la Mission Locale de Bruxelles-Ville, qui met à l’emploi des personnes éloignées du marché du travail", souligne Nicolas Smets. "Le partenariat vise à encourager, à terme, l’engagement durable de personnes en situation d’insertion professionnelle au sein même de la structure de BatiTerre."

"Le réemploi des matériaux de construction a désormais un bel avenir."
Nicolas Smets, directeur de BatiTerre

Le Fonds ING pour une Économie circulaire soutient l’aventure, en contribuant au salaire d’un ‘encadrant logistique et valorisation’, chargé des aspects logistiques et opérationnels liés à la déconstruction et à la formation des travailleurs sur chantier. L’aventure continue.

À propos du Fonds pour une Économie plus circulaire

Géré par la Fondation Roi Baudouin, le Fonds pour une Économie plus Circulaire est l’un des Fonds via lesquels ING Belgique contribue à différentes thématiques sociétales, à côté du Fonds ING pour une Société plus Digitale et du Fonds pour l’Éducation Financière. Depuis 2005, 684 projets ont été soutenus par les Fonds auxquels ING contribue, pour un total de plus de 8,7 millions d’euros.

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