Récit

Coronavirus : les soins palliatifs aussi ont dû s’adapter

2020

"Notre but est de soigner et d’accompagner le mieux possible les patients palliatifs dans la dernière phase de leur vie."
Caroline Coolen
Association des Soins palliatifs en province de Namur

L’Association des Soins palliatifs en province de Namur comprend une équipe de soutien de deuxième ligne, qui intervient en complémentarité des soignants de première ligne afin d’aider à la prise en charge palliative. La crise du coronavirus a radicalement bouleversé son mode de fonctionnement et a nécessité l’achat d’équipements et de matériel. L’aide de 10.000 euros octroyée par la Fondation Roi Baudouin dans le cadre de l’appel d’urgence est donc tombée à point.

“Notre équipe pluridisciplinaire est composée de huit infirmières et de trois psychologues, tous spécialisés en soins palliatifs et dans l’accompagnement du deuil”, explique Caroline Coolen, la directrice de l’association. “Nous répondons à plus de 700 demandes par an et nous intervenons généralement sur le lieu de vie du patient, que ce soit à son domicile, en maison de repos ou dans des institutions pour personnes avec un handicap. Notre but est de soigner et d’accompagner le mieux possible les patients palliatifs dans la dernière phase de leur vie. Pour cela, nous nous concertons avec les professionnels de première ligne (médecin traitant, infirmière…), car ce sont eux qui connaissent le mieux le patient et qui doivent assurer la continuité des soins palliatifs. La plupart du temps, ce sont d’ailleurs aussi eux qui nous contactent parce qu’ils sont face à une difficulté particulière, d’ordre physique, familial, psychologique, émotionnel ou autre”.

Des demandes en augmentation
L’équipe de l’Association des Soins palliatifs en province de Namur conseille les soignants sur toute une série de sujets (traitement de la douleur, apparition de certains troubles, utilisation d’équipements spécialisés…) et veille à bien coordonner l’organisation des soins palliatifs. “En même temps, des liens se tissent aussi avec le patient et ses proches et nous pouvons assurer un accompagnement complémentaire, le temps de surmonter la situation de crise”, précise Caroline Coolen. “Ensuite, nous passons le relais aux soignants habituels du patient, mais nous restons disponibles sur demande”.

Ces modalités d’intervention ont bien sûr été bouleversées par la crise du coronavirus, qui a obligé l’asbl à consentir des investissements exceptionnels. D’abord parce que les demandes ont sensiblement augmenté : la pandémie du COVID-19 nécessite des interventions psychologiques spécifiques, en lien avec le deuil et la mort, d’autant plus qu’en raison du confinement, beaucoup de personnes ne peuvent pas avoir de contacts avec un proche hospitalisé ou doivent organiser des funérailles en groupe restreint. Cela ne fait qu’accroître leur désarroi, leur isolement et leurs angoisses, et donc aussi les demandes d’accompagnement psychologique.

Quant aux soins palliatifs ‘classiques’, ils doivent bien entendu se poursuivre. Mais plus comme avant : “Nous devons malheureusement limiter les interventions à domicile, qui ne sont plus réalisées que dans les cas d’absolue nécessité (par exemple, pour déposer ou reprendre un pousse-seringue, un appareil qui permet au produit antidouleur d’agir en continu) et avec l’accord du médecin référent”, dit Caroline Coolen. “Pour ce type de visite, nous avons dû acheter d’urgence du matériel de protection : gants, maques, blouses, visières, gel hydroalcoolique… Nous sommes encore à la recherche de surchaussures, de blouses jetables et de charlottes. Nous avons aussi élaboré un protocole pour éviter le risque que les infirmières ne contaminent leur véhicule, leur domicile et leur famille”.

Vidéoconférence
Mais la majorité des contacts se font désormais à distance, par vidéoconférence. Ce qui a également nécessité des achats de matériel. Caroline Coolen : “Nous sommes une petite asbl et notre équipement informatique, assez sommaire, n’était pas adapté pour faire des consultations par vidéoconférence. Nous avons donc dû investir dans l’achat de trois nouveaux ordinateurs portables et de smartphones permettant d’installer des applications comme WhatsApp. Autant vous dire que lorsque nous avons entendu que la Fondation Roi Baudouin lançait un appel d’urgence, nous avons tout de suite sauté sur l’occasion : cette aide de 10.000 euros est arrivée à point nommé pour financer toutes ces dépenses imprévues, qui pèsent lourd sur notre budget. Elle couvrira aussi une partie du recrutement d’une infirmière supplémentaire à mi-temps pour renforcer notre équipe durant cette période exceptionnelle”.

Caroline Coolen est bien consciente que la vidéoconférence ne peut remplacer le contact direct, dans le lieu de vie du patient et en présence de tous les professionnels concernés. “La vidéoconférence est forcément un outil un peu plus froid, que nous devons tous apprendre à apprivoiser, mais qui présente tout de même de grands avantages par rapport à la simple conversation par téléphone. Elle permet d’établir un indispensable contact visuel et de prendre en compte toute la communication non verbale, ce qui est essentiel pour créer un lien de confiance”. En tout cas, tant que la crise du coronavirus et le confinement dureront, c’est pour l’asbl le meilleur moyen pour continuer à assurer son précieux travail d’accompagnement des patients, des proches et des soignants.

À propos de l’appel d’urgence ‘COVID-19 : première ligne’

Dans le cadre de la crise sanitaire liée au coronavirus, la Fondation Roi Baudouin a lancé rapidement un appel d’urgence destiné aux organisations qui regroupent ou rassemblent les professionnels de première ligne (médecins généralistes, infirmiers à domicile, aide soignants, aide familiales, pharmaciens, assistants sociaux, sage femmes à domicile…). Les organisations sélectionnées bénéficient d’un soutien forfaitaire de 10.000 euros. Au total, quelque 5 millions d'euros sont octroyés par la Fondation aux acteurs de terrain qui font face à l'urgence en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre: 3 millions d'euros aux organisations de lutte contre la pauvreté et le sans-abrisme, et 2 millions d'euros aux organisations de première ligne d'aide et de soins. Plus d'infos.

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