Récit

BeCode : la voie express vers le marché de l’emploi

Malgré la crise du coronavirus – ou, justement, grâce à elle – le numérique a le vent en poupe. C’est aussi le constat dressé par BeCode, une organisation qui apprend la programmation à des demandeurs d’emploi éloignés du marché du travail et qui a bénéficié du soutien de plusieurs Fonds gérés par la Fondation Roi Baudouin. Si BeCode a dû adapter son mode de fonctionnement au cours de l’année écoulée, le passage à l’emploi se fait toujours aussi vite.

Pour Sébastien Firouzfar, l’école était synonyme de perte de temps. Un endroit où les profs donnaient peu confiance et où régnait le ‘chacun pour soi’. Après ses études secondaires, il s’est senti un peu perdu, jusqu’à ce qu’un ami lui parle d’une formation à BeCentral, le pôle numérique situé juste au-dessus de la Gare Centrale à Bruxelles : une formation intensive en programmation web chez BeCode, avec un stage, qui prépare à un emploi dans le secteur du numérique.

Sébastien ne regrette pas un instant d’avoir entamé ce parcours. Six mois plus tard, il est sur le point de le terminer. “À mon grand regret. J’ai une coach fantastique qui veut partager ses connaissances, des condisciples qui s’entraident et se font progresser mutuellement, et je me prépare à une carrière dans un secteur prometteur où je pourrai laisser libre cours à ma créativité”, dit-il lors d’une petite pause dans les locaux de BeCentral, où actuellement, un nombre limité de personnes peuvent travailler ensemble - Covid-19 oblige.

Cours en ligne

BeCode possède cinq campus en Belgique, mais est contraint, depuis la crise sanitaire, de donner cours en ligne. On pourrait penser que cette solution plaît à de futurs programmeurs. Pourtant, tant les apprenants que les coachs ont accueilli de façon mitigée les cours 100% en ligne. “Il est plus difficile de donner cours ainsi”, commente Emily Marghella, coach chez BeCode. “On peut mieux coacher en présence de la personne et sentir si quelque chose ne va pas. En ligne, les apprenants peuvent par exemple couper la caméra et je ne vois pas leur langage corporel.”

Mais pour l’instant, pas moyen de faire autrement. "Cela n’a porté atteinte ni à la qualité des cours, ni au taux de réussite", dit Frédéric De Cooman, Head of Region à BeCode Bruxelles. Le taux de décrochage fluctue toujours autour des 10%. La grande majorité des apprenants qui poursuivent la formation après la phase d’initiation trouvent un emploi ou une formation continue. “Le coronavirus n’a pas changé grand-chose à cela, malgré nos craintes initiales. Les entreprises sont toujours prêtes à accueillir des stagiaires”, explique Frédéric De Cooman.

Grosse entreprise ou petite start-up

C’est précisément la mission de BeCode : grâce à une formation intensive de sept mois, préparer des demandeurs d’emploi éloignés du marché du travail à une carrière dans les nouvelles technologies. Il existe trois formations : programmation web, intelligence artificielle et DevOps/SecOps. Les deux derniers mois, les apprenants travaillent à leur projet personnel : une technologie qu’ils veulent maîtriser ou qui est utilisée dans l’entreprise où ils vont faire leur stage. Au terme des sept mois, ils vont travailler en tant que stagiaires dans une grosse entreprise ou une petite start-up, en fonction de leurs centres d’intérêt.

“BeCode repose sur une pédagogie active”, poursuit Frédéric De Cooman. Les candidats ne doivent pas posséder de diplôme, mais seulement certaines compétences de base et, surtout, la motivation pour se lancer dans les nouvelles technologies. “Ils ont leur processus d’apprentissage en main. Ils effectuent leurs tâches de manière autonome, le coach n’intervient que s’ils ont des questions ou s’ils rencontrent des problèmes. Ils n’attendent pas qu’on leur apporte des solutions, ils doivent les trouver eux-mêmes.”

Bien-être

Cet enseignement à distance pèse cependant de plus en plus sur le bien-être des étudiants. C’est pourquoi BeCode a fait appel, en plus de ses coachs attentifs et bienveillants, à un collaborateur externe de Bruxelles Formation. Il aide les jeunes à trouver un stage et se tient prêt à détecter à temps des signes de malaise. “C’est quelqu’un à qui ils peuvent s’adresser s’ils ont un problème dont ils ne préfèrent pas parler avec nous. Au besoin, on les oriente vers une aide spécialisée.”

“J’encourage nos participants à faire preuve de transparence,” dit Emily Marghella. “À communiquer sur les difficultés qu’ils rencontrent, à parler de leurs peurs. Nous créons un climat de confiance, nous ne jugeons pas. Et ils sentent que nous sommes impliqués, que nous croyons en eux. C’est pour cela qu’ils viennent vers nous. Beaucoup ont vécu une expérience négative à l’école et n’ont pas suivi de scolarité classique. C’est le cas aussi de nombreux coachs. Ils peuvent s’identifier à nous.”

Compréhensifs, mais exigeants

Les coachs se montrent très compréhensifs à l’égard de la situation de ces jeunes, dont beaucoup ont décroché de l’école sans diplôme, sont sans emploi, ont un parcours migratoire et se sentent un peu perdus dans la société. “S’il y a des problèmes ou s’ils prennent du retard, nous cherchons ensemble des solutions” dit Emily Marghella. Mais cela ne signifie pas que BeCode place la barre plus bas, même en cette période de crise sanitaire. Frédéric De Cooman : “Nous sommes exigeants. Nous attendons des participants qu’ils s’engagent. Après notre formation, ils ont déjà un pied dans le marché de l’emploi. Et cela les motive énormément.”

"Après notre formation, les participants ont déjà un pied dans le marché du travail. Et cela les motive énormément."
Frederic De Cooman
BeCode

BeCode a bénéficié du soutien de plusieurs Fonds gérés par la Fondation Roi Baudouin, dont Close the Gap, l’ING Fund, le SD Worx Fund et le Venture Philanthropy Fund de BNP Paribas. Ce soutien a été affecté aussi bien à du matériel informatique qu’à de la consultance.

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